Les motards ne meurent pas, on les assassine...
Il y a de bien curieuses coïncidences. Depuis quelques semaines, le gouvernement, suivi avec zèle et servilité par une partie des médias, nous explique que les grands fautifs de "l’insécurité routière" sont les utilisateurs de 2-roues motorisés (2RM). La rengaine n’est pas nouvelle. Elle prétend identifier de façon simplissime la cause de tous les maux et présente l’avantage de cibler une minorité. Elle vise à dresser les usagers les uns contre les autres en désignant de prétendus responsables. Les mêmes, d’ailleurs, depuis trente ans, dont on bat le rappel dés qu’il faut utiliser des images percutantes.
Et ça marche. Non seulement il se trouve des journalistes "experts" pour développer d’édifiantes démonstrations qui permettront à de nombreux internautes de déverser leur fiel motophobe sur de nombreux forums mais certains "justiciers" du quotidien en viennent même à menacer de mort les motards qui traverseraient leur bourgade.
De ce point de vue, l’orientation prise par le gouvernement risque d’être une belle réussite.
Les commentaires du bilan 2007 de la Sécurité Routière sont sans surprise. La FFMC Nationale l’a souligné dans son communiqué du 23 juin.
Ils le sont d’autant moins qu’une émission de télévision animée par l’épouse du Ministre des Transports annonçait la couleur dés avant l’annonce de ces résultats. Que ne ferait-on pas pour éviter des scènes de ménage pénibles, chez certains !
Dans la foulée, nous avons eu droit à la diatribe du dénommé Jean-Luc Martin, dans le journal Le Monde à laquelle la Fédération et la Mutuelle des Motards ont apporté une réponse cinglante à lire ci-dessous :
Ou ici dans sa version intégrale.
Bien entendu, cela ne suffit pas à ramener les lecteurs du quotidien à plus de raison. Pour qui prend la peine de lire les réactions, essentiellement de Parisiens, d’ailleurs, la cause est entendue. Les motards sont des salauds.
Mais la province semble elle-même héberger une engeance tout aussi convaincue de la nécessité d’éradiquer le fléau. La Fédération voit maintenant arriver des menaces de mort à peine voilées comme en témoigne cette lettre ouverte en réponse à l’une d’entre elle.
On se souvient de l’effet désastreux de la circulaire Olin que la FFMC et le CODEVER ont combattue dés 2005. Encadrée par une campagne de dénigrement sans précédent, orchestrée notamment par de prétendus défenseurs de la nature équipés d’œillères bien opaques et à l’argumentaire très voisin de celui de nombre de nos détracteurs aujourd’hui, elle a eu pour conséquence le passage à l’acte de certains de ces fous. Résultats : 2 motards tués et quelques blessés, dont certains resteront handicapés, par la mise en place de pièges sur des chemins.
La politique du bouc-émissaire a des effets pervers : Il y a forcément des demeurés qui se croiront autorisés à user de solutions radicales pour faire justice eux-même. Elle est d’ailleurs souvent aidée en cela par une Justice qui ne se prive pas d’user de poncifs et d’idées reçues dés que l’un des protagonistes est un motard. Surtout s’il est mort, il est toujours le fautif de tout et son adversaire se trouve quasiment excusé, sinon blanchi (voir à ce propose le site ACME). L’affaire Fédérici, dans l’Hérault, en est l’illustration la plus récente.
C’est pourquoi, ceux qui sont en charge de gouverner le pays et ceux qui relaient complaisamment leur discours sans y ajouter une once d’analyse objective ni prendre de recul, devraient faire preuve de prudence. Passer la mort éventuelle de motards au registre des faits-divers ou des dommages collatéraux ne suffira pas à les affranchir de leur lourde responsabilité.
La FFMC prend très au sérieux le déchainement motophobe actuel. A l’heure où nombreux seront les motards qui profiteront des beaux jours pour s’offrir une balade ou un voyage, malgré la hausse vertigineuse du prix des carburants, elle les appelle à la prudence et à la vigilance.
Paris n’est pas la France. Nous le redisons : La cohabitation est certainement plus facile en province que dans la capitale. Bien sûr, il y a toujours des contre-exemples, des comportements condamnables. Mais il ne suffit pas d’être convaincu d’avoir raison pour généraliser. Les brebis galeuses se recrutent parmi toutes les catégories d’usagers et les critères énoncés par le gouvernement et ses thuriféraires pour les identifier ne sont pas obligatoirement les plus pertinents.
Ceci d’autant moins que la communication gouvernementale fait l’impasse sur l’essor considérable des 2RM. Ils sont devenus, ces dernières années, un mode de transport à part entière, partout dans le pays, pour pallier à l’insuffisance et à l’inconfort des transports en commun ainsi qu’à la hausse du coût des carburants. Il est donc nécessaire, au contraire, de les intégrer aux plans d’aménagements urbains pour accompagner un développement qui n’est pas prés de s’arrêter, tant ils offrent une souplesse qu’aucun autre mode de transport ne pourra jamais atteindre.
A chacun, donc, de savoir raison garder et de faire preuve d’un peu de modestie dans ce contexte. Aux motards comme aux autres. Et surtout au gouvernement.

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