vendredi 6 avril 2007

Mais où sont passés les Bleus ?

Répression

Chacun se souvient, sans doute, de ce pseudo débat existentiel qui mobilisa les médias politiquement corrects, l’hiver dernier. Certains se posaient la question de savoir s’il fallait ou non que le (la) prochain(e) locataire de l’Elysée amnistie les infractions au Code de la Route et jusqu’à quel niveau de gravité.

Débat traditionnel et creux, s’il en est ! Avec l’avantage certain d’amuser la galerie tout en donnant l’occasion aux candidats de faire étalage de leur dévotion pour l’intérêt public et de laver plus blanc que blanc à moindre frais. Car la réponse quasi unanime a été "niet", à quelques nuances près, au motif que ce serait porter un coup fatal à la grande cause nationale.

Dont acte.

Rappelons à ce propos que la FFMC ne s’est jamais inscrite dans ce genre de débat. En effet, pour nous, si une loi est juste, c’est à dire bien faite, son application ne doit pas poser de problème de conscience. Et la question d’une amnistie n’a pas à se poser.

En l’occurrence, nous ne pensons pas que le contrôle sanction automatisé (CSA) soit une bonne loi du fait de son automaticité qui bafoue le droit fondamental de se défendre. A ce titre, évoquer l’amnistie est autant un foutage de gueule dans les grandes largeurs que l’alibi de la sécurité routière pour la refuser.

On aura noté, au passage, que l’augmentation de l’accidentologie constatée en janvier dernier a été attribuée, par nos grands spécialistes-que-le-monde-entier-est-heureux-de-nous-voir-garder-chez-nous, et sans autre forme d’analyse, à la perspective de cette fameuse amnistie. Si ça c’est pas prendre les usagers de la route pour des débiles profonds !...

Toujours est-il que "on", qui n’a pas ses yeux dans sa poche, surtout lorsqu’il est au volant de sa caisse ou au guidon de sa meule, a constaté un bien étrange phénomène.

Alors qu’en période "normale", il ne se passe pas de mois, voire de quinzaine, sans que l’on n’assiste à des attroupements sur le bord de certaines routes vauclusiennes de personnages habillés de bleu ou de noir qui nous guettent à l’aide de jumelles, depuis le début de l’année, c’est le calme plat.

Pas la peine de chercher. Nos "anges gardiens" ont disparu. Certes, on ne va pas se plaindre de cette pause mais, tout de même, il y a de quoi être étonné.

L’hiver n’ayant pas été des plus froids, il est difficile d’en invoquer les rigueurs qui auraient pu justifier de ne pas aggraver les conditions de travail de nos fonctionnaires. Alors quoi ?

Serait-ce que l’état alarmant de notre société nécessite d’affecter nos forces de l’ordre à la protection rapprochée des candidats à la présidence ? Tout de même ! On sait les Français grognons mais de là à les soupçonner de vouloir du mal à ceux qui leur veulent tant de bien, c’est sûrement excessif.

A moins, bien sûr, que certains n’aient eu quelques craintes que ces Français grognons ne compromettent dans les urnes le succès des ambitions personnelles, toutes dévouées à la France, de leur candidat préféré. Peut-être même que pour faire un tantinet oublier l’image de méchant ministre inflexible qui lui a collé à la peau pendant 5 ans, l’un de ces ex-futurs candidats n’aurait pas été fâché que survienne cette pause de bon aloi dans la répression forcenée qui est de mise depuis bien trop longtemps.

Avouez que, si c’est le cas, un tel comportement est au moins aussi surréaliste que le fameux débat autour de cette amnistie présidentielle vouée aux gémonies. La sécurité routière, grande cause nationale ? Oui mais pas pendant la campagne électorale ! Faut pas exagérer non plus !

Et bien sûr, on attend avec fébrilité les prochaines statistiques de l’accidentologie, ne serait-ce que pour se délecter des analyses si impartiales et si fines de nos chers spécialistes.