vendredi 26 octobre 2007

Partage de la route : Les nouvelles frontières

Sécurité routière

Pour résoudre les problèmes de cohabitation sur la route, ce ne sont pas les idées qui manquent. Il n’est pas rare d’entendre telle association de cyclistes réclamer la multiplication des pistes cyclables. Reconnaissons que, en ville tout au moins, ce ne serait pas forcément complètement idiot.

Pour résoudre les problèmes de circulation des deux-roues motorisés, le Président de la République, à une époque où il n’était encore que candidat, nous avait affirmé (à nous la FFMC) être favorable à la création de voies réservées pour remonter les files d’automobiles engluées dans les embouteillages. Ce n’est pas exactement le sens de l’une de nos revendications.

Récemment encore, on entendait parler de réserver la voie de droite des autoroutes aux poids-lourds. Ce qui, au passage, n’aurait pas manqué de faire de la peine à ceux qui pensent qu’elles étaient déjà réservées aux pauvres car, à une époque, on n’y voyait que des 2CV, des R4 et autres trapanelles poussives... Et aujourd’hui encore, elles sont très peu utilisées sauf par les poids-lourds, justement.

Finalement, toutes ces propositions, qui prétendent œuvrer pour un meilleur partage de la route, ne font en fait que créer davantage de séparations entre les usagers. De nouvelles frontières. On peut y voir une sorte de raccourci bien en harmonie avec les tendances actuelles du pays, lui-même très porté sur l’étanchéité des siennes.

A l’opposé de ce concept, il en est un autre qui préconise la suppression de toute séparation physique et de toute signalisation. Il s’agit de reconnaître la route, ou plus exactement la rue, comme un espace partagé par tous et d’abolir toutes règles pour ne garder que celles du bon sens. Ainsi, plus de trottoirs, ni de feux ni de "Stop". A charge pour les plus gros de faire attention aux plus vulnérables.

Périlleux diront certains. C’est sûr, à première vue seulement car, pourtant, ça marche ! Ainsi la ville de Drachten au Pays-Bas l’a-t-elle expérimenté et a vu le nombre des accidents chuter considérablement. La ville de Bohmte en Allemagne (Basse Saxe) a décidé d’en faire autant ainsi que d’autres petites villes allemandes. De l’anarchie (toute relative chez nos cousins germains) naitrait donc la prudence et, par conséquent, la sécurité.

L’idée pourrait être bénéfique pour nos villages provençaux qui, du point de vue de l’anarchie, font souvent figure de références. Plutôt que de vouloir dresser des frontières que personne ne se donne la peine de respecter, mieux vaudrait peut-être lâcher la bride, ce qui, de toute façon, ne serait qu’une reconnaissance de la réalité.

Mais la base de ce "contrat de partage", c’est évidemment le respect des autres et l’attention qu’il faut nécessairement leur porter. Et pas seulement du mieux protégé envers le plus vulnérable, ce qui est somme toute normal, mais aussi à l’inverse. Car un véritable partage de la chaussée ne peut se concevoir que si chacun accepte de ne plus voir "l’autre" comme un adversaire, voire un ennemi, mais comme un égal qui a lui aussi le droit d’être là. Et aussi si chacun ne se retranche plus derrière son bon droit pour forcer l’autre à lui laisser le passage. Une affaire de courtoisie et de savoir-vivre, tout simplement.

Et c’est là aussi toute la substance du message que la FFMC adresse aux motards et autres utilisateurs de deux-roues motorisés : Ensemble faisons que le bon sens, la prudence et la courtoisie l’emportent toujours.

Abolissons les frontières !

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